mercredi 2 mars 2016

16 août : un dernier passage à Reine

9h00 : Horseidvika

Les mini-dunes d'Horseidvika
Le vent et la pluie ne nous nous pas épargnés cette nuit. Pour la première fois, nous avons eu (un peu) froid dans notre fidèle tente D4. Du coup, nous ne trainons pas trop pour replier le campement. Remettre les chaussures humides est un vrai calvaire, par ce temps frisquet.


Après avoir prélevé un peu de sable en souvenir, nous franchissons la zone marécageuse de la vallée, puis gravissons le col. La fatigue du voyage commence à s'accumuler, et j'ai franchement l'impression de me trainer. Chaque bloc est franchi laborieusement, et je stresse subitement. Et si on loupait le bateau? Hein? Hein? En plus ce sera ma faute, car je suis trop nuuuulle en escalade.*chouine*












Kirkjefjord
Bien que péniblement, après quelques larmes, et fortement encouragée par monsieur, j'arrive à bout de l'obstacle. Moins de 2 heures ont été nécessaires pour faire le parcours. Easy, en fait.
A l'embarcadère, au fond du fjord, nous sommes plus abrités du vent que sur la côte ouest (le loooong du graaaand Pacifique... euh... non rien.). Vachement en avance sur l'horaire bateau, j'en profite pour imiter un groupe de randonneurs français et leur guide, c'est à dire retirer mes chaussures et chaussettes mouillées, et faire sécher le tout au soleil. Ca ne sent pas la rose, mais on ne peut pas savoir si ça vient de moi ou des autres. Rusée...












Kirkjefjord,  le temps se gâte de l'autre côté du col
Du bateau, nous jetons un dernier regard  sur le village de Kirkjefjord, avant d'obliquer vers Vinstad, dont les eaux couleur lagon nous invitent à piquer une tête. 







 








 
Vinstad


On embarque et on débarque des promeneurs en provenance ou à destination de la plage de Bunes. Je ne le sais pas encore, mais c'est cette plage que j'ai en fond d'écran sur mon ordi depuis près de 6 mois. Nous n'aurons pas de le temps du faire un saut, ce sera pour une prochaine fois, d'autant que le parcours semble vraiment, vraiment hyper facile. Donc, même si on revient seulement quand on sera vieux et cacochymes, ça passera.












Après cette dernière étape, nous arrivons à Reine, où nous nous réapprovisionnons une dernière fois en gâteaux, chips pour le retour en train, qui, nous le savons, va être bien long.


Last time in Reine
*parenthèse gastronomique*

Il est temps pour moi de vous (re) parler de cette spécialité norvégienne : les trucs tartinables à la crème. Clairement, le rayon frais des supermarchés est rempli de charcuteries chelous style salami (sans doute délicieuses mais peu appétissantes à mon goût, et peu compatibles avec le transport en sac à dos de toute façon)  et de spécialités tartinables, en pots ou en tube, dont le nom se termine en -ost (baconost, skinkeost...)




La grande famille des -Ost
Nous sommes surpris de la variété de crèmes de jambon en tubes, de fromages en tubes et en barquettes. Pendant notre séjour, la base de notre alimentation "locale" (en plus de nos soupes lyophilisées et de nos nouilles chinoises importées dans nos sac) fut le pain de mie au Kremost.






 
Ah le Kremost. Imaginez un genre de St Morêt mais en plus gras, avec une consistance proche du mascarpone, et décliné en plusieurs variétés plus ou moins surprenantes. Le tôut pour la modique somme de 18 NOK (2,20€ environ lors de notre visite) par barquette de 125g. Nous avons eu l'occasion d'en écluser plusieurs barquettes et donc de tester (presque) tous les goûts disponibles. Notre estomac ne nous a pas donné l'autorisation de tester la variété "mandarine-ananas", toutefois. On est des petits joueurs. Bref. Le Kremost c'est plutôt très bon, mais c'est comme tout : on s'en lasse!

Notre chouchou : au poivre

Le challenger : aux poivrons
A l'ail



Aux fines herbes

Enfin, le mystérieux ananas mandarine
Donc, nous voilà, en fin de voyage, en train de chercher quelquechose de pratique à emmener dans le train, mais SURTOUT plus de Kremost. Oh non. Eh bien, on n'imagine pas à quel point c'est dur de ne connaitre aucune marque dans un supermarché étranger, et de devoir chercher dans son lexique, pour chaque produit, à quoi il correspond, à quoi il est aromatisé.
 Au final, on sort avec assez peu de choses du supermarché, car on est pas à l'aise avec les produits, leur prix, notre budget. Ce sera donc chips et cookies.

* Fin de la parenthèse gastronomique.*

Une fois les courses faites, on reprend la route vers Moskenes, pour s'installer à l'endroit où nous avions déjà bivouaqué deux jours plus tôt. A la sortie de Reine, nous croisons un couple d'italiens (?) qui hésite entre prendre le bus pour avancer ou chercher un bivouac. En vieux briscards du coin (!), nous leur indiquons que les abords de Reine sont compliqués pour camper et qu'il vaut mieux revenir vers Moskenes ou bien avancer carrément plus loin.
Nous rejoignons assez vite notre coin de prédilection, alors qu'une averse s'annonce sur Reine, ce qui nous donne l'occasion de voir (enfin!) un bel arc-en-ciel sur l'entrée du fjord. Ça faisait plusieurs jours que je regrettais de ne pas en avoir vu, malgré cette météo changeante. Il fallait que j'attende la veille du départ pour être comblée.


Un arc en ciel (presque invisible)

 Nous plantons la tente, et observons la mer en quête d'ailerons de cétacés ou de têtes de phoques. On nous a dit qu'il était possible d'en voir nager dans les criques abritées et poissonneuses. Et vu les remous bruyants causés par d'innombrables bancs de poissons qui chahutent dans ces eaux, ce serait bien le diable si on ne voyait pas un bout de mammifère marin. Je finis par aviser une masse sombre qui disparait et apparait périodiquement, à quelques encablures. Fascinés par le spectacle, nous contemplons la mer pendant de longues minutes, assis devant la tente

"Oh regarde y'en a plusieurs!
-Trop bien!
-Oui, c'est beau, hein?
-Carrément..
-Euh...
- Hum, oui, ils restent vachement au même endroit quand même, non?
- Si.
- C'est bizarre, hein?
- Carrément..."

*crôa* *croâ* *croâ*  (bruit du corbeau de la honte qui passe derrière nous)


Voilà, voilà. On vient de passer 10 bonnes minutes à observer un magnifique groupe de rochers couverts et découverts par les vagues.
Hum.

Sur cette note s'achève notre dernière journée complète aux Lofoten. Demain, nous reprenons le bateau à la mi journée.

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